Le 15 juillet: Embarquement sur le Norröna
Nous avons bien dormi, petit déjeuner avalé nous chargeons les motos et allons faire un tour au Netto du coin pour faire quelques courses avant de nous présenter à l’embarquement, il fait un grand soleil, 25 degrés.
Compte tenu du fait que nous n’aurons pas accès aux motos pendant deux jours et deux nuits, nous avons préparé nos sacs en conséquence.
Nous arrivons à 9h30 pour un départ théorique à 11h30 mais le navire n’est pas à quai.
L’enregistrement est ouvert nous avançons d’une dizaine de mètres toutes les 10 minutes. Un coup de démarreur, première, roulage au pas puis coupure, encore, encore, et encore… La batterie de la Multi faibli, je commence à avoir peur et à retrouver des sensation de l’époque de la 1200 DVT ou chaque tour de démarreur était difficile, à se demander si le moulin allait démarrer. Je préfère préserver mes chances de monter dans le navire en roulant plutôt qu’en poussant et choisi l’option de pousser sur le plat dans la file d’attente. Nouveau coup de démarreur pour se positionner dans la dernière file d’attente, celle réservée aux motos, la sueur coule. Il faut de nouveau couper le moteur et attendre pour l’embarquement. Grande question: où se trouve le booster? Celui dont j’avais imaginé ne pas me servir? Réponse: au fond, tout au fond, de la valise de gauche qui est très peu chargée (humour) et qui avec ma grande expérience des Lone Rider ne se laisse pas fermer facilement. J’entreprends d’enfoncer mon bras dedans, trouve assez rapidement le booster puis repars à la recherche du câble qui restera à sa place les premiers moteurs se faisant entendre. Vite, je replie rapidement les rabats de la valise et espère avoir un bonus de la batterie. Au quart de tour le moteur vrombit. Encore une grosse suée. En file indienne tel des écoliers disciplinés nous nous faisons avaler par la bouche béante du monstre d’acier qui nous emportera jusqu’au graal.
A partir de maintenant c’est la guerre! Il nous faut trouver des sangles fonctionnelles, se frayer un passage entre les montures qui sont si proches qu’il est très difficile d’accéder aux points d’ancrages offerts par le pont.
Nos belles sécurisées (enfin je l’espère) nous nous chargeons telles des mules, sacs à dos dos, sacoche de réservoir autour du cou, casques, le tout équipés de nos blousons, pantalons et bottes. Il nous reste à trouver notre cabine qui je sais saura nous réconforter, un supplément mini bar ayant été ajouté lors de la réservation.
Nos motos sont sur le pont 4 et notre cabine au pont 8, ça fait beaucoup de dénivelé. L’équipage saura nous indiquer un ascenseur puis la direction de notre cabine dans ce méandre de coursives toutes les plus longues que les autres.
Enfin la porte de notre cabine s’ouvre. Nous pouvons souffler, encore un étape de franchie vers notre destination.
Une douche bien fraiche suivie d’une bière qui l’est tout autant puis d’un encas et nous reprenons du poil de la bête.
Nous profiterons du pont extérieur et du soleil qui nous accompagne, carpe diem!
Le temps semble s’être arrêté, nous voguons depuis quelques heures seulement et avons l’impression d’avoir fait le tour du bateau. Nous sommes coupés du monde. Des gens lisent un peu partout, certaines personnes font la sieste à l’extérieur ou à l’intérieur, les enfants courent, crient, d’autres peu discrets nous extirpent de nos songes…
Nous profitons de la traversée pour faire une première lessive à la main.
Le 16 juillet: journée complète en mer
Ce matin, nous sommes réveillés par les pales d’un hélicoptère qui vient récupérer un passager pour qui les vacances seront écourtées.
La nuit fut calme et réparatrice. Le temps est très couvert mais il ne pleut pas. Allons au petit déjeuner dont le buffet est à la hauteur de mon appétit et de la somme demandée. Oeufs brouillés, lard grillé, petites saucisses, crêpes, saumon fumé, paté, fromage, pastèque, melon. Je pense la liste exhaustive.
Nous faisons escale au iles Féroé avec un peu de retard. Nous avons de la chance, le ciel s’est dégagé à l’approche, nous pourrons profiter du paysage avec un peu de soleil puis notre première pluie qui nous forcera à retourner dans notre cabine douillette.
C’est impressionnant de voir la capacité de manoeuvre de ce mastodonte qui fait demi tour dans un mouchoir de poche et qui rentre dans un emplacement avec très peu de place en rab. Aucun a coup, tout dans la douceur. Chapeau bas.
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