# Sardaigne – 1/3 : d’Olbia à Cagliari par les routes qui tournent
On parle assez peu de la Sardaigne sur le forum. Pourtant, après cette première journée, je me demande bien pourquoi. Je vais donc vous raconter notre périple en trois épisodes, en commençant par la traversée du nord au sud : sortie du ferry à Olbia, arrivée à Cagliari le soir, Nadia derrière moi et la V4 Rally sous nous deux.
Pour cette première étape, j’avais confié l’itinéraire à Kurviger avec une consigne : des routes sinueuses. Il l’a comprise. Peut-être même un peu trop bien.
On a rapidement découvert deux versions de la Sardaigne. La première emprunte les routes refaites à neuf : larges, propres, confortables et fréquentées. La seconde suit les anciens tracés, laissés de côté depuis qu’il existe plus rapide pour aller d’un point à un autre. Là, on roule presque seuls. C’est cette version qu’on a privilégiée.
Mais « presque seuls » ne veut pas dire « tranquilles ». Certains virages ont l’air de s’ouvrir gentiment, puis se resserrent juste au moment où l’on commence à leur faire confiance. Avec la chaleur, les changements de revêtement et la moto chargée en duo, cette traversée n’avait rien d’une simple liaison.
Et puis il y a eu le pont.
Kurviger nous a entraînés sur une portion off-road qui passait dessous. Le passage était si bas que Nadia a failli se prendre le pont en pleine tête. Heureusement, elle était attentive et s’est baissée à temps. Sur le moment, ça nous a fait une belle frayeur. Après coup, on en a ri — mais je crois que, depuis, elle surveille aussi ce qui arrive *au-dessus* de la moto.
Autour du **lac Omodeo**, formé par le barrage du Fiume Tirso, on a encore retrouvé ce contraste entre l’ancien et le neuf. Il y a cette route large qui longe le lac, avec ses longues courbes et cette impression que l’eau n’en finit pas. Et puis il y a les anciennes routes alentour, presque désertes, mais dans un état qui impose de regarder loin devant *et* juste sous la roue. Certaines fentes dans la chaussée étaient assez larges pour avaler un pneu. Ailleurs, des marches surgissaient du bitume sans prévenir. Là, il ne s’agissait plus de chercher la plus jolie trajectoire dans le virage : il fallait d’abord trouver celle qui permettait de passer.
C’est aussi ce qui a rendu la journée mémorable. Kurviger nous a emmenés vers des points de vue qu’on aurait manqués en cherchant simplement le chemin le plus court. Excellent GPS pour découvrir l’île — à condition de se souvenir que « petite route sympa » peut vouloir dire « petite route qui n’a pas vu une équipe d’entretien depuis un moment ».
Notre choix d’hébergement, en revanche, mérite une note nettement moins bonne. On a réservé un Airbnb à Cagliari. Pour finir cette traversée nord–sud, très bien ; pour rayonner ensuite à moto sur l’île, beaucoup moins malin. On aurait dû choisir une base **au centre de la Sardaigne**, plutôt qu’à son extrémité sud. On avait soigneusement préparé les virages et un peu oublié la géographie des jours suivants…
On est arrivés à Cagliari après une longue journée, avec la chaleur encore sous le casque et déjà beaucoup d’images en tête. Ce que je retiens surtout, ce ne sont pas les kilomètres parcourus : ce sont ces routes délaissées où l’on ne croise personne, ces virages qui rappellent à l’ordre et ces paysages qu’on n’aurait jamais vus par l’itinéraire le plus rapide.
La suite, ce sera nos explorations depuis Cagliari — avec quelques kilomètres de liaison que notre Airbnb nous aura bien mérités.
Et vous, vous connaissez ces anciennes routes autour du lac Omodeo ? Vous en avez trouvé qui valent le détour malgré leur état, ou une qui vous a fait dire : « Bon, là, on a peut-être poussé le réglage *sinueux* un peu loin » ?
Sinon, pour les,photos, ce sera á mon retour.
Demain la suite.
Première fois en Sardaigne...
- diplomate83
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Nous avions adoré la Sardaigne, Marco Thierry et nos épouses, mais nous avions privilégié la moitié Nord, toujours pour avoir le. temps de voir et apprécié. Egalement nous avions pris quelques "routes" fermées et avions eu droit à quelques surprises aussi. Merci pour ton récit, qui nous transporte sur les lieux. Bonne route
il vaut mieux se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet
Pierre Desproge
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- scharrach
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Le texte est alléchant, non je ne connais pas la Sardaigne, et ton post donne envie.
Vivement les photos
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- SMILYTY
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Merci pour ton CR plein d’humour comme d’hab !!!
Ça fait du bien de te lire et de partager ce sentiment de découverte d’un nouveau cailloux !!!
Quand c’est qu’on part ????
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Que du bonheur avec ma Multi et les Multifadas !!!!
- Poiuzt
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Sardaigne – 2/3 : des villages de Schtroumpfs aux virages d’Arcu ’e Tidu
Après notre traversée d’Olbia à Cagliari, il était temps d’aller voir la côte. Et de commencer à payer notre choix d’Airbnb : quand on loge tout au sud, chaque envie d’explorer l’île débute par quelques kilomètres pour sortir de Cagliari.
Sur la côte, le paysage avait d’abord quelque chose de familier. De la terre aride, une végétation basse, des cactus, des plages comme on en a déjà croisées ailleurs autour de la Méditerranée. C’était beau, oui, mais pas encore ce qui allait nous marquer le plus ce jour-là.
Et puis il y avait les resorts. Beaucoup de resorts. Ces petits villages de Schtroumpfs parfaitement organisés pour satisfaire les désirs des Teutons : tout semble prévu, rangé, à portée de serviette. On comprend l’attrait pour qui vient chercher des vacances sans surprise. Nous, avec la Rally, on espérait plutôt trouver ce qu’il y avait entre ces endroits.
C’est en arrivant vers le Rio Picocca que la journée a changé de ton. Là, la terre et la mer se mêlent dans les lagunes de Colostrai et de Feraxi, où l’eau douce du Rio Picocca rejoint cet environnement côtier. Le décor s’ouvre, devient presque immobile, et les flamants roses y trouvent manifestement leur bonheur. Après les plages et leurs complexes touristiques, cette halte nous a donné l’impression d’être enfin tombés sur quelque chose qu’on n’avait pas vu venir.
Ensuite, on a quitté la côte pour monter vers le col d’Arcu ’e Tidu. Et là, changement de programme : une route superbe, des courbes qui s’enchaînent et, sous les roues, un bitume lisse. Après les anciennes routes fendues autour du lac Omodeo, on aurait presque pu croire que quelqu’un avait déroulé un tapis pour la Rally. La montée par la SS125 passe dans le secteur des Sette Fratelli ; c’est un de ces tronçons où l’on apprécie autant le paysage que le prochain virage.
Ce contraste commence à définir notre Sardaigne à nous : une vieille route capable d’avaler un pneu un jour, un enchaînement de courbes sur un asphalte impeccable le lendemain. L’île semble avoir refait pas mal de routes — mais, heureusement pour ceux qui aiment chercher, elle n’a pas effacé les anciennes.
On est rentrés avec deux images très différentes en tête : les flamants roses dans le calme des lagunes, puis la Rally qui retrouve son rythme dans la montée vers Arcu ’e Tidu. C’est précisément pour ce genre de journée qu’on voyage à moto. Nadia, elle, a apprécié qu’aucun pont ne cherche cette fois à lui raccourcir le casque.
Pour ceux qui connaissent le coin : vous vous arrêteriez où, entre la côte et le col ? Et surtout, si vous deviez conseiller une seule route à quelqu’un qui découvre le sud de la Sardaigne, laquelle choisiriez-vous ?
Demain on remonte.
Après notre traversée d’Olbia à Cagliari, il était temps d’aller voir la côte. Et de commencer à payer notre choix d’Airbnb : quand on loge tout au sud, chaque envie d’explorer l’île débute par quelques kilomètres pour sortir de Cagliari.
Sur la côte, le paysage avait d’abord quelque chose de familier. De la terre aride, une végétation basse, des cactus, des plages comme on en a déjà croisées ailleurs autour de la Méditerranée. C’était beau, oui, mais pas encore ce qui allait nous marquer le plus ce jour-là.
Et puis il y avait les resorts. Beaucoup de resorts. Ces petits villages de Schtroumpfs parfaitement organisés pour satisfaire les désirs des Teutons : tout semble prévu, rangé, à portée de serviette. On comprend l’attrait pour qui vient chercher des vacances sans surprise. Nous, avec la Rally, on espérait plutôt trouver ce qu’il y avait entre ces endroits.
C’est en arrivant vers le Rio Picocca que la journée a changé de ton. Là, la terre et la mer se mêlent dans les lagunes de Colostrai et de Feraxi, où l’eau douce du Rio Picocca rejoint cet environnement côtier. Le décor s’ouvre, devient presque immobile, et les flamants roses y trouvent manifestement leur bonheur. Après les plages et leurs complexes touristiques, cette halte nous a donné l’impression d’être enfin tombés sur quelque chose qu’on n’avait pas vu venir.
Ensuite, on a quitté la côte pour monter vers le col d’Arcu ’e Tidu. Et là, changement de programme : une route superbe, des courbes qui s’enchaînent et, sous les roues, un bitume lisse. Après les anciennes routes fendues autour du lac Omodeo, on aurait presque pu croire que quelqu’un avait déroulé un tapis pour la Rally. La montée par la SS125 passe dans le secteur des Sette Fratelli ; c’est un de ces tronçons où l’on apprécie autant le paysage que le prochain virage.
Ce contraste commence à définir notre Sardaigne à nous : une vieille route capable d’avaler un pneu un jour, un enchaînement de courbes sur un asphalte impeccable le lendemain. L’île semble avoir refait pas mal de routes — mais, heureusement pour ceux qui aiment chercher, elle n’a pas effacé les anciennes.
On est rentrés avec deux images très différentes en tête : les flamants roses dans le calme des lagunes, puis la Rally qui retrouve son rythme dans la montée vers Arcu ’e Tidu. C’est précisément pour ce genre de journée qu’on voyage à moto. Nadia, elle, a apprécié qu’aucun pont ne cherche cette fois à lui raccourcir le casque.
Pour ceux qui connaissent le coin : vous vous arrêteriez où, entre la côte et le col ? Et surtout, si vous deviez conseiller une seule route à quelqu’un qui découvre le sud de la Sardaigne, laquelle choisiriez-vous ?
Demain on remonte.
Lee Diot existe, je l'ai rencontré.
C'est un insulaire...
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- Poiuzt
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Sardaigne – parenthèse à Cagliari : en haut le pouvoir, en bas le port
Aujourd’hui, la Rally est restée tranquille. On a passé la journée à Cagliari, histoire de voir autrement cette ville où l’on avait eu la brillante idée de prendre notre Airbnb.
Drôle de ville. Elle m’a fait penser à Lausanne : tout est en pente. Mais version pur jus italien, avec des rues étroites où se mêlent restaurants, boui-bouis à touristes, commerces de toutes sortes et glaciers de folie. On monte pour voir ce qu’il y a plus haut, on redescend parce qu’on a repéré une terrasse… puis on se rappelle qu’il faudra remonter pour rentrer. Comme dirait un ami très cher, tout ce qui descend doit être remonté...
En haut, le pouvoir., en bas, le port, et au milieu, le peuple.
C’est l’image que je garderai de Cagliari : une ville à parcourir à pied, sans itinéraire Kurviger, en prenant le temps de s’arrêter quand une ruelle intrigue ou qu’un glacier se présente. Nadia et moi avons troqué les virages contre les escaliers pour une journée. Les jambes ont travaillé différemment.
Bref, une petite parenthèse urbaine entre deux journées de moto. Demain, on reprend la route pour la troisième partie.
Ceux qui connaissent Cagliari : vous y avez aussi trouvé ce petit air de Lausanne à l’italienne, ou c’est la chaleur qui m’est montée à la tête ?
Aujourd’hui, la Rally est restée tranquille. On a passé la journée à Cagliari, histoire de voir autrement cette ville où l’on avait eu la brillante idée de prendre notre Airbnb.
Drôle de ville. Elle m’a fait penser à Lausanne : tout est en pente. Mais version pur jus italien, avec des rues étroites où se mêlent restaurants, boui-bouis à touristes, commerces de toutes sortes et glaciers de folie. On monte pour voir ce qu’il y a plus haut, on redescend parce qu’on a repéré une terrasse… puis on se rappelle qu’il faudra remonter pour rentrer. Comme dirait un ami très cher, tout ce qui descend doit être remonté...
En haut, le pouvoir., en bas, le port, et au milieu, le peuple.
C’est l’image que je garderai de Cagliari : une ville à parcourir à pied, sans itinéraire Kurviger, en prenant le temps de s’arrêter quand une ruelle intrigue ou qu’un glacier se présente. Nadia et moi avons troqué les virages contre les escaliers pour une journée. Les jambes ont travaillé différemment.
Bref, une petite parenthèse urbaine entre deux journées de moto. Demain, on reprend la route pour la troisième partie.
Ceux qui connaissent Cagliari : vous y avez aussi trouvé ce petit air de Lausanne à l’italienne, ou c’est la chaleur qui m’est montée à la tête ?
Lee Diot existe, je l'ai rencontré.
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- SMILYTY
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On se régale, toujours autant à te lire !
On a l’impression d’y être…
Merci pour le partage et désolé, je ne peux pas répondre à toutes ces questions…
C’est encore une île à découvrir….
Et heuuu, j’dis ca mais j’dis rien …, mais il n’y a pas de photos ce coup ci ??
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Merci pour le partage et désolé, je ne peux pas répondre à toutes ces questions…
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Ahhhh les journées pédestres par 35° dans les ruelles étriquées, ça a son charme mais faut pas insister
. Oui au fait et les photos 
il vaut mieux se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet
Pierre Desproge
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